Les sentiers reprennent des couleurs et les organisateurs de courses aussi. Entre les trails de rentrée qui redémarrent en septembre et un mois d'octobre chargé en épreuves nature, difficile d'improviser son équipement au dernier moment. La chaussure reste le point de contact numéro un avec le terrain, celle qui absorbe les cailloux, encaisse la boue et évite la glissade sur une racine mouillée. Avant de s'inscrire au prochain trail du coin, mieux vaut donc jeter un œil aux modèles qui font parler d'eux cette saison chez Salomon, HOKA et Asics.
Pourquoi le choix des chaussures compte autant à la rentrée ?
L'automne est une période charnière pour les coureurs de trail. Les températures baissent, les sentiers redeviennent humides et parfois boueux, et le calendrier des courses s'accélère après la pause estivale. C'est aussi le moment où beaucoup de pratiquants changent de paire après une saison d'usure, ou investissent pour préparer un objectif précis : un trail court technique, une ultra-distance ou simplement des sorties d'entraînement plus longues. La technicité du terrain évolue vite d'une sortie à l'autre, ce qui pousse les marques à proposer des gammes de plus en plus segmentées, entre confort, accroche et légèreté.
Les critères qui font la différence sur les sentiers
Trois éléments reviennent systématiquement dans le choix d'une chaussure de trail : l'accroche de la semelle sur sol mouillé ou meuble, l'amorti pour encaisser les longues distances, et la stabilité du chaussant sur terrain irrégulier. À cela s'ajoute, pour les courses d'automne, la question de l'étanchéité et de la respirabilité, un équilibre pas toujours facile à trouver.
Salomon reste-t-il la référence de la gamme technique ?
La marque annécienne continue d'occuper une place centrale chez les traileurs, notamment grâce à sa gamme Ultra Glide. La dernière version de cette chaussure de trail, présentée comme la plus confortable de la marque, est désormais plus légère et plus respirante, pour une allure plus dynamique et des pieds plus frais dans des conditions chaudes ou humides. Un argument de poids pour les longues sorties d'automne, où l'on alterne souvent entre passages ensoleillés et sous-bois détrempés.
Sur le segment plus technique, Salomon a aussi fait évoluer sa semelle ContaGRIP. La UG4 offre par exemple une accroche appréciable sur différents types de surfaces, avec des crampons de 3,9 mm particulièrement efficaces sur le gravier et les sentiers modérés. De quoi rassurer les coureurs qui alternent chemins caillouteux et portions plus roulantes lors des mêmes sorties.
Une édition qui mise sur l'expertise terrain
Salomon a également travaillé avec l'ultra-traileuse Courtney Dauwalter sur une version S/Lab Ultra Glide 2, pensée pour offrir confort, stabilité renforcée et amorti réactif. Ce genre de collaboration, courante dans le milieu du trail, permet souvent de tester des solutions techniques en conditions extrêmes avant qu'elles n'arrivent sur les modèles grand public.
HOKA garde-t-il son avance sur l'amorti et la protection ?
Impossible de parler de trail sans évoquer la Speedgoat, devenue une référence quasi incontournable depuis plusieurs générations. La sixième itération continue de creuser son sillon. Elle assure une accroche solide sur la plupart des terrains, des chemins de terre lisses et longs jusqu'aux passages plus rocailleux. Un compromis polyvalent qui explique en grande partie son succès auprès des coureurs occasionnels comme des habitués des ultra-trails.
Une version pensée pour les conditions humides
Pour affronter les sentiers détrempés de l'automne, HOKA propose une déclinaison Gore-Tex de sa Speedgoat. Cette version bénéficie de la membrane imperméable Invisible Fit de Gore-Tex, plus légère et plus souple, conçue pour limiter les points de pression. Un détail qui compte sur les longues distances, où le moindre frottement peut vite devenir un problème.
Au-delà de l'étanchéité, la construction générale du modèle continue de séduire pour sa polyvalence. La Speedgoat 6 GTX est ainsi présentée comme adaptée à la fois à la randonnée et à la course sur terrain modéré et chemins damés, avec une semelle évasée qui favorise l'absorption des chocs et un confort équilibré jusqu'à la phase de poussée. Pour les coureurs qui enchaînent les sorties longues avant un objectif d'automne, ce type d'amorti généreux limite la fatigue musculaire sur la durée.
Asics a-t-il sa place face aux spécialistes du trail ?
Historiquement plus connue pour la route, Asics a considérablement étoffé sa gamme trail ces dernières années, notamment avec la famille Fujitrabuco. La déclinaison Sky, pensée pour la performance, cible clairement les coureurs qui cherchent de la légèreté sans sacrifier l'accroche. Le modèle mise sur un design pensé pour une pratique rapide et légère du trail, avec un rendu visuel coloré qui tranche avec le reste de la gamme.
Du grip pour tous les terrains
Sur l'accroche justement, Asics a développé sa propre technologie de semelle. La gomme ASICSGRIP assure une adhérence fiable sur une large variété de surfaces, un point souvent cité par les testeurs comme l'un des points forts de la marque sur ce segment encore jeune comparé à Salomon ou HOKA. Pour les coureurs qui cherchent avant tout de l'endurance sur ultra-distance, la version Sky se distingue aussi par son poids très contenu, autour de 250 grammes, et un bon retour d'énergie, deux qualités précieuses quand les kilomètres s'accumulent.
Comment choisir sa paire selon son type de course ?
Il n'existe pas de chaussure universelle, même si certains modèles s'en approchent. Le choix dépend surtout du profil de la course visée et de la morphologie du coureur.
- Pour un trail court et technique (moins de 20 km, dénivelé marqué) : privilégier une chaussure légère avec une accroche agressive, type Speedcross chez Salomon ou Fujitrabuco chez Asics.
- Pour une ultra-distance ou un objectif d'endurance : miser sur l'amorti et le confort longue durée, avec des modèles comme l'Ultra Glide de Salomon ou la Speedgoat de HOKA.
- Pour les sentiers humides et boueux de l'automne : envisager une version Gore-Tex, quitte à sacrifier un peu de respirabilité pour gagner en étanchéité.
- Pour un budget plus serré : certaines références d'entrée de gamme, notamment chez Asics, permettent de s'équiper correctement sans se ruiner avant les premières compétitions.
Faut-il déjà changer de paire avant les premières courses d'automne ?
La question revient chaque année. Une chaussure de trail perd généralement de son efficacité après 600 à 800 kilomètres, selon l'usure de la semelle et le terrain fréquenté. Si les crampons commencent à s'arrondir ou que l'amorti semble tassé, il vaut mieux ne pas attendre le jour de la course pour changer de modèle. Un conseil qui revient souvent chez les coureurs expérimentés : ne jamais découvrir une nouvelle paire le jour J. Mieux vaut tester ses nouvelles chaussures sur quelques sorties d'entraînement dès la fin août, histoire de valider le chaussant et l'accroche avant de s'élancer sur un parcours inconnu.
Ce qu'il faut retenir avant de s'équiper
Entre la polyvalence affichée de Salomon, l'amorti généreux de HOKA et la montée en puissance d'Asics sur ce segment, la rentrée 2026 offre un choix particulièrement large pour les traileurs. Le bon réflexe reste de partir de son propre profil de course plutôt que de suivre uniquement les tendances : un coureur qui vise des sorties longues et vallonnées n'a pas les mêmes besoins qu'un adepte de trails courts et techniques. Reste ensuite à essayer, à parcourir quelques kilomètres avec la nouvelle paire, et à ajuster si besoin avant que le calendrier des courses ne s'emballe vraiment.
