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#Alimentation

Nutri-Score 2026 : ces marques qui changent de note

Par

 Lola

Lola

Auteur picto

Publié le 04/10/2026


Le petit logo coloré qui orne vos briques de lait, vos plats préparés ou vos huiles est en train de rebattre les cartes dans les rayons. Depuis que l'algorithme du Nutri-Score a été révisé, des dizaines de produits parmi les plus achetés par les Français changent de lettre, parfois en mieux, souvent en moins bien. Et pendant que les notes bougent sur les emballages, le débat sur le caractère obligatoire de cet affichage continue d'agiter l'Assemblée nationale. Entre un calcul plus sévère et une législation qui tarde à trancher, voici ce qui se joue vraiment pour vos courses du quotidien.

Pourquoi le Nutri-Score change-t-il à nouveau en 2026 ?

Le Nutri-Score n'est pas figé depuis son lancement en 2017. Son algorithme a déjà été révisé une première fois en 2023, avant que cette nouvelle version affinée ne s'impose progressivement dans les rayons. Le nouveau Nutri-Score est désormais en vigueur en France, et il rebat les cartes dans les rayons : certains produits que l'on croyait vertueux perdent des lettres, d'autres remontent. Concrètement, le comité scientifique a cherché à mieux refléter les dernières données nutritionnelles, notamment sur les graisses, les fibres et le sucre.

Résultat, selon Santé publique France, entre 30 et 40% des produits vont voir leur score changer. Un chiffre énorme quand on sait que ce logo influence directement les choix d'achat de millions de consommateurs chaque semaine.

Des catégories entières repensées

La bascule touche particulièrement les produits laitiers, les sodas light et certaines huiles. Le lait, longtemps classé comme un aliment plutôt vertueux, change de statut dans le calcul : le lait de consommation devrait passer d'une note A ou B, à une note B ou C, car il devrait passer de la catégorie « aliment » à la catégorie « boisson ». Un changement qui ne passe pas inaperçu du côté des producteurs laitiers, qui s'interrogent ouvertement sur cette reclassification.

Le Nutri-Score va-t-il devenir obligatoire en 2026 ?

C'est la question qui agite tout le secteur depuis des mois. Jusqu'ici, l'affichage du logo reste une démarche volontaire des marques. Mais le vent a tourné politiquement : dans le cadre de l'examen du projet de budget de la sécurité sociale pour 2026, l'Assemblée nationale a adopté une mesure rendant obligatoire l'affichage de Nutri-Score sur les emballages alimentaires.

Sauf que l'histoire ne s'arrête pas là. Le Sénat a douché cet espoir : une tentative de le rendre obligatoire a été intégrée au projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026, débattu entre octobre et novembre 2025 : l'Assemblée nationale l'avait votée, avant que le Sénat ne la rejette. Le texte prévoyait pourtant une mesure dissuasive sérieuse, avec une taxe de 5 % du chiffre d'affaires pour les entreprises refusant d'afficher le score, avec une exemption pour les produits sous Label Rouge, AOP ou IGP.

La mobilisation citoyenne continue de peser

Le dossier est loin d'être enterré. Une pétition a pris le relais du Parlement, portée par des figures scientifiques et soutenue largement dans l'opinion : une pétition déposée sur le site de l'Assemblée nationale, soutenue par l'Académie nationale de médecine et 78 structures de santé, réclame de rendre obligatoire l'affichage de ce logo nutritionnel sur les emballages alimentaires. Elle a depuis dépassé un cap symbolique, avec plus de cent mille signatures récoltées en quelques mois.

Mais face à cette pression citoyenne, certains industriels reculent plutôt que d'avancer. Le constat est frappant : la pétition pour rendre le Nutri-Score obligatoire a dépassé les 100 000 signatures, témoignant d'une forte mobilisation face à des grandes marques qui, après la révision de son calcul, retirent des produits du dispositif. Autrement dit, plutôt que d'afficher une note dégradée, certaines marques préfèrent simplement enlever le logo de leurs emballages. Une stratégie qui agace les associations de consommateurs, mais qui reste parfaitement légale tant que l'obligation n'est pas votée.

Quelles marques voient leurs produits changer de note ?

Sur le terrain, concrètement, ça donne quoi dans le chariot ? Plusieurs références très consommées ont déjà basculé ou sont en passe de le faire.

Lactel et la filière laitière sous tension

Chez Lactel, la nouvelle grille de calcul inquiète particulièrement. La filière laitière dans son ensemble a réagi vivement à cette révision, estimant qu'elle pénalise injustement un produit recommandé par les autorités sanitaires. Le constat du secteur est sans détour : il est vrai que le nouveau mode de calcul de l'indicateur nutritionnel ne tourne pas à l'avantage des produits laitiers. Des briques de lait classées B ou même A auparavant pourraient donc glisser vers du C, simplement parce que le logiciel de calcul range désormais le lait dans la catégorie des boissons plutôt que des aliments, une case nettement plus exigeante.

Ultra Premium Direct, une marque née avec la transparence en étendard

Ultra Premium Direct, la marque de produits du quotidien lancée par Michel-Édouard Leclerc et connue pour avoir fait de la transparence sur les étiquettes son argument marketing principal, n'échappe pas non plus aux ajustements de notes. Positionnée historiquement sur des recettes courtes et des produits perçus comme sains, elle doit désormais composer avec un algorithme qui redistribue les cartes y compris pour des recettes qui n'ont pourtant pas changé d'un gramme. C'est tout l'enjeu de cette réforme : des produits peuvent voir leur Nutri-Score évoluer sans qu'aucun ingrédient n'ait bougé, uniquement parce que la grille de lecture a changé.

Carrefour et les marques de distributeur en première ligne

Les marques de distributeur, Carrefour en tête, sont parmi les plus engagées dans le dispositif depuis ses débuts. Depuis 2018, la part de marché estimée des marques engagées dans le Nutri-Score représente 62% des volumes de ventes en 2024 avec 31% pour les marques de distributeurs, 21% pour les marques nationales et 10% pour les autres segments de marché. Autant dire que les enseignes comme Carrefour ont un rôle moteur dans l'adoption du logo, mais aussi une responsabilité particulière quand les notes de leurs produits bougent : leurs linéaires concentrent une part énorme des références suivies par les consommateurs attentifs à ce logo.

Comment s'y retrouver pendant la transition ?

Pour l'instant, rien n'oblige les marques à appliquer immédiatement la nouvelle formule. Seules les marques qui choisissent volontairement d'utiliser le logo doivent respecter la nouvelle grille de calcul une fois leur délai de mise en conformité passé. Résultat concret en rayon : deux produits similaires peuvent afficher deux notes calculées selon deux méthodes différentes, l'ancienne et la nouvelle, sans que l'emballage ne le précise clairement. De quoi perdre un peu les consommateurs les plus pressés.

Quelques réflexes à garder en tête

  • Ne pas comparer deux notes à l'aveugle : vérifier si le produit a été recalculé récemment, l'info figure parfois sur des applications comme Yuka ou Open Food Facts.
  • Se méfier des produits qui ont discrètement retiré le logo : ce n'est pas toujours une question de recette qui s'améliore, parfois c'est l'inverse.
  • Garder en tête que le Nutri-Score évalue une qualité nutritionnelle globale, pas la présence d'additifs ou le degré de transformation d'un aliment : un produit ultra-transformé peut très bien obtenir un B.

Faut-il s'inquiéter de ces changements de notes ?

Pas de panique à avoir, mais un peu de vigilance ne fait jamais de mal. Le durcissement de l'algorithme va globalement dans le sens d'une information plus fine, en particulier sur les boissons sucrées et les produits laitiers riches en matières grasses. Le camp des défenseurs du dispositif rappelle d'ailleurs un soutien massif dans l'opinion publique, puisque le Nutri-Score reste facultatif en France malgré une pétition soutenue par l'Académie de médecine et 94 % de Français favorables à son obligation. Ce chiffre dit beaucoup sur l'attente des consommateurs vis-à-vis de ce genre d'outil, même imparfait.

Reste que la bataille politique est loin d'être finie. Entre les lobbys agroalimentaires qui redoutent l'impact sur des produits mal notés et une partie du monde médical qui pousse pour généraliser l'affichage, la question de l'obligation légale devrait revenir sur la table dans les prochains mois parlementaires. En attendant, le plus simple reste de prendre l'habitude de jeter un œil au logo, quand il est là, et de ne pas hésiter à comparer deux ou trois références la prochaine fois que vous remplissez votre chariot. Les lettres bougent, mais le réflexe de lecture, lui, reste le meilleur outil à disposition du consommateur.

Lola est rédactrice et correctrice indépendante pour des particuliers et des entreprises. À ses heures, elle écrit aussi pour s’évader : romans, nouve...


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