Après des éditions plus discrètes, le Mondial de l'Auto retrouve des couleurs. Rendez-vous à Paris Expo Porte de Versailles du 12 au 18 octobre 2026 pour la 91e édition d'un salon qui, il y a encore deux ans, semblait s'essouffler. Cette fois, les organisateurs annoncent plus de 1 200 exposants et le retour de constructeurs qu'on n'attendait plus dans les allées parisiennes. De quoi faire de cette semaine d'octobre un moment charnière pour comprendre où en est vraiment la voiture électrique, et où en est l'hydrogène, ce cousin encore balbutiant mais toujours dans les cartons de plusieurs marques.
Pourquoi cette édition 2026 s'annonce différente des précédentes ?
Le chiffre parle de lui-même : plus de 60 marques seront présentes cette année, contre 48 lors de la précédente édition. Et surtout, des noms qu'on avait fini par ranger dans la catégorie « absents chroniques » font leur retour. BMW, Volvo, Mercedes et Ford reprennent le chemin du salon parisien après plusieurs années d'éclipse. Un signe que le marché français, malgré ses soubresauts, reste un terrain qui compte pour l'industrie automobile mondiale.
Autre indicateur intéressant : l'arrivée de nouvelles marques venues d'Asie, avec pas moins de 20 marques chinoises qui profitent de l'événement pour gagner en visibilité en Europe. Omoda, Jaecoo ou encore Genesis viennent ainsi étoffer une offre déjà pléthorique, preuve que la bataille pour le marché européen de la voiture électrique se joue aussi dans les allées d'un salon.
Des dates à retenir
- Lundi 12 octobre : journée réservée aux professionnels et à la presse
- Du mardi 13 au dimanche 18 octobre : ouverture au grand public
- Cinq halls entièrement dédiés à l'automobile, sur plus de 210 000 m² d'exposition
Le salon mise sur une fréquentation record, avec plus de 500 000 visiteurs attendus sur l'ensemble de la semaine. L'édition 2024 avait déjà dépassé ce cap, et l'ambition ne cesse de grandir depuis.
Quelles nouveautés électriques attendre côté français ?
Renault mise gros sur ses citadines
Renault n'est pas là pour figurer. La marque au losange devrait exposer sa Twingo électrique, attendue comme l'une des révélations les plus commentées du salon. Positionnée en dessous de la R5 dans la gamme, elle vise clairement le segment des citadines abordables, un terrain où la concurrence chinoise pousse fort. On peut légitimement s'attendre à ce que Renault en profite pour rappeler que sa stratégie électrique fonctionne, la R5 E-Tech s'étant déjà bien installée dans le paysage.
Alpine et l'électrique sportive
Dans un registre différent, l'A390 devrait aussi tenir sa place sur le stand du groupe Renault. Ce SUV coupé électrique incarne la volonté d'Alpine de conjuguer performance et transition énergétique, un exercice pas si simple à réussir sans perdre son ADN sportif.
Peugeot, entre sobriété et électrification progressive
Chez Peugeot, 2026 s'annonce comme une année charnière. La marque au lion poursuit sa mue vers une gamme plus électrifiée, sans pour autant renier son style. On peut s'attendre à voir sur son stand des évolutions de sa gamme E-208 et E-2008, ainsi que des indices sur les prochains modèles qui viendront muscler l'offre électrique du constructeur dans les années à venir. La marque avance prudemment, mais avance quand même, dans un contexte où la pression concurrentielle ne laisse guère de place à l'attentisme.
Tesla sera-t-elle de la partie ?
La question revient à chaque édition. Tesla reste un acteur qui continue de dominer le marché électrique européen, même si sa présence physique dans les salons traditionnels a toujours été plus discrète que celle des constructeurs historiques. La marque américaine préfère généralement ses propres canaux de communication aux grands raouts automobiles. Reste que son ombre plane sur l'ensemble du salon : chaque constructeur, qu'il soit français, allemand ou chinois, positionne désormais ses nouveautés en comparaison directe avec les Model 3 et Model Y, devenues des références de fait sur le segment.
Et l'hydrogène, dans tout ça ?
La transition énergétique et l'avenir de la mobilité seront au cœur de cette édition parisienne. L'hydrogène, longtemps cantonné aux prototypes et aux discours d'intention, devrait bénéficier d'une visibilité accrue cette année. Plusieurs constructeurs profitent en effet du Mondial pour présenter leurs travaux sur la pile à combustible, notamment sur les segments utilitaires et poids lourds, là où la technologie trouve aujourd'hui ses débouchés les plus concrets. Pour la voiture particulière, l'hydrogène reste un pari à moyen terme, mais les stands dédiés permettront de mesurer le chemin parcouru depuis les premiers essais des années 2010.
Faut-il réserver ses billets dès maintenant ?
Vu l'affluence attendue, mieux vaut ne pas trop tarder. La billetterie est ouverte et les nocturnes, très prisées les vendredis et samedis, ont tendance à afficher complet rapidement. Pour ceux qui veulent éviter la foule, privilégier une visite en semaine, hors week-end, reste la meilleure option. Le site est facilement accessible via la ligne 12 du métro ou les tramways T2 et T3a, avec un accès direct aux stations Porte de Versailles et Parc des Expositions.
Quelques conseils pratiques
- Prévoir une demi-journée minimum pour couvrir les cinq halls sans se presser
- Consulter le programme des essais routiers, souvent proposés sur inscription
- Arriver tôt le matin pour profiter des stands avant l'afflux de l'après-midi
Ce qu'il faut retenir avant l'ouverture
Le marché de la voiture électrique en Europe vient de franchir un seuil symbolique, avec une part de marché qui dépasse désormais les 20 % des immatriculations selon les derniers chiffres de l'ACEA. Dans ce contexte, le Mondial de l'Auto 2026 arrive à un moment charnière : les constructeurs historiques reviennent, les marques chinoises s'installent, et l'électrique n'est plus une option marginale mais bien le cœur de la stratégie de la plupart des groupes présents. Reste à voir, une fois les portes ouvertes le 12 octobre, si les promesses affichées sur le papier se traduiront par des nouveautés réellement marquantes, ou si certaines resteront de simples concepts destinés à faire parler d'eux le temps d'une semaine.
