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#Lingerie

Lingerie visible 2026 : la tendance underwear as outerwear à la rentrée

Par

 Lola

Lola

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Publié le 15/08/2026


Cette rentrée, la lingerie ne se cache plus. Depuis le Salon International de la Lingerie, qui s'est tenu en janvier 2026 à Paris Porte de Versailles, un constat s'impose : la frontière entre sous-vêtement et vêtement s'efface un peu plus chaque saison. Bralettes en dentelle sous chemise entrouverte, bodies portés comme des tops, corsets qui remplacent le blazer classique. On appelle ça l'underwear as outerwear, et ce n'est plus une audace de podium réservée aux défilés : c'est en train de devenir une habitude vestimentaire pour la rentrée.

Pourquoi la lingerie sort-elle enfin de l'ombre ?

Le phénomène n'est pas neuf, mais il a pris une ampleur nouvelle cette année. Sur les stands du Salon, les professionnels du secteur ont noté un glissement net des collections vers des pièces pensées dès l'origine pour être vues. Une créatrice interviewée sur place résume bien l'esprit du moment : les marques dessinent des dessous en gardant en tête la mise en style comme vêtement d'extérieur, avec des silhouettes plus couvrantes comme les bras "crop top", des bras avec manches intégrées ou assorties, et des bodys.

Cette évolution répond à une demande concrète. Les femmes veulent des pièces polyvalentes, capables de passer de l'intime au quotidien sans complexe. Le vestiaire de bureau, longtemps très codifié, s'autorise désormais une dentelle qui dépasse d'un col de chemise ou une bretelle de body qui affleure sous un blazer déstructuré.

Un contexte de mode qui pousse à la transparence

Le mouvement s'inscrit dans une tendance plus large de la mode 2026, qui délaisse le minimalisme des années précédentes pour des looks plus expressifs. Les analystes de tendances confirment que 2026 s'annonce comme une année d'évolution significative de la mode, qui s'éloigne de l'ultra-minimalisme et des micro-tendances pour aller vers des styles plus élaborés et expressifs, réhabilitant justement des concepts comme le port des dessous en extérieur.

Sur le plan des recherches en ligne aussi, l'appétit est réel. Certains styles associés à des icônes pop dopent la curiosité du public, et les pièces transparentes séduisent un public toujours plus large, avec une hausse de 76% des recherches pour "transparent and sheer underwear" selon les données consultées récemment.

Comment porter la lingerie visible sans tomber dans le vulgaire ?

C'est la question que tout le monde se pose en observant ces looks sur Instagram ou dans la rue. Le secret tient en un mot : dosage. Une bralette dentelle sous un blazer oversize fonctionne parce que le vêtement du dessus structure la silhouette et évite l'effet dénudé. À l'inverse, la même pièce portée seule avec un jean basique bascule vite dans un registre plus casual, voire raté.

Les associations qui marchent

  • Un body en dentelle noire sous une chemise en popeline blanche, boutons du haut ouverts : le classique indémodable, parfait pour un afterwork.
  • Une bralette assortie à un tailleur de costume, façon working girl assumée : le blazer joue le rôle de veste, la lingerie remplace le chemisier.
  • Un soutien-gorge balconnet sous un gilet en maille très ouvert, pour une allure plus décontractée le week-end.
  • Un corset porté par-dessus une chemise en jean, référence directe aux podiums qui remettent au goût du jour cette pièce forte.

La couleur compte aussi énormément. Les tons neutres et élégants dominent cette saison : les forecasters du Salon évoquent d'ailleurs des couleurs neutres élevées, notamment des blancs cassés riches, un parfait clin d'œil à la couleur de l'année 2026 de Pantone, "Cloud Dancer", aux côtés de teintes plus profondes comme le prune ou le bleu marine.

Quelles marques françaises portent cette tendance à la rentrée ?

Sans surprise, les grandes maisons françaises de lingerie n'ont pas attendu qu'on leur demande pour investir ce créneau, tant il correspond à leur savoir-vivre historique du beau linge.

Simone Pérèle, l'élégance qui s'assume

La maison, connue pour ses dentelles fines et ses coupes précises, propose des bralettes et des ensembles pensés pour être montrés autant que cachés. Les finitions soignées, souvent avec des motifs floraux discrets, se prêtent particulièrement bien à un jeu de superposition sous une chemise entrebâillée.

Chantelle, entre héritage et modernité

Chantelle capitalise sur son expertise en dentelle Leavers pour proposer des pièces qui n'ont pas besoin de se cacher. Les collections récentes multiplient les coloris profonds et les dentelles graphiques, deux ingrédients qui collent parfaitement à l'esprit outerwear de la saison.

Etam, l'accessibilité pour toutes les générations

Plus abordable, Etam a bien saisi l'air du temps en multipliant les bralettes à porter seules ou en couche visible, souvent commercialisées directement comme des "tops" plutôt que comme de simples sous-vêtements. C'est justement cette porosité entre les rayons lingerie et prêt-à-porter qui traduit le mieux la bascule en cours.

Faut-il craquer pour cette tendance dès la rentrée ?

Tout dépend du dressing de départ et du degré d'audace que l'on s'autorise. Pour une première approche en douceur, mieux vaut miser sur une seule pièce visible à la fois : une bralette qui dépasse discrètement d'un col, plutôt qu'un ensemble complet exposé. L'idée n'est pas de tout montrer, mais de laisser deviner, dans un jeu de superposition maîtrisé qui demande finalement plus de réflexion qu'il n'y paraît.

Les tissus jouent aussi un rôle décisif. Une dentelle rigide et structurée passe mieux en extérieur qu'un jersey trop souple, qui a tendance à faire "sous-vêtement oublié" plutôt que "choix stylistique assumé". Autre point à surveiller : la qualité des finitions. Une lingerie destinée à rester invisible peut se permettre quelques imperfections de coutures, ce n'est plus le cas dès qu'elle devient un élément central du look.

Le bon investissement pour la rentrée

Si le budget est limité, autant miser sur deux ou trois pièces polyvalentes plutôt que sur une garde-robe entière dédiée à cette tendance. Une bralette noire, un body couleur peau et un ensemble dans une teinte prune ou marine couvrent déjà une bonne partie des besoins pour varier les looks sur plusieurs semaines.

Le mouvement observé lors du dernier Salon confirme surtout une chose : la lingerie n'est plus reléguée au rang d'accessoire secret. Elle devient un vrai vecteur d'expression, au même titre qu'une veste ou une paire de chaussures. Pour cette rentrée, elle mérite clairement une place réfléchie dans le dressing, et pas seulement dans le tiroir du bas.

Lola est rédactrice et correctrice indépendante pour des particuliers et des entreprises. À ses heures, elle écrit aussi pour s’évader : romans, nouve...


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