Le développement de lagriculture biologique et le respect de son cahier des charges - notamment celui que sest donné la France - sont des atouts majeurs pour la qualité nutritionnelle et sanitaire des aliments, pour lenvironnement et la préservation des ressources naturelles.
La Commission européenne a pourtant choisi de remettre en cause les bases mêmes de lagriculture biologique en proposant une révision du règlement européen sur lAgriculture Biologique qui, dans sa dernière version, signifierait une véritable régression par rapport au règlement actuel et un danger majeur pour la bio : dérogations permettant potentiellement dutiliser des substances chimiques, dont certains pesticides de synthèse, et des intrants issus dOGM ; pollution des produits bio par des OGM tolérée jusquau seuil de 0,9% ; système détiquetage permettant de faire référence à la bio sur un produit majoritairement conventionnel ; contrôle des « points à risque » se substituant à lactuelle obligation de moyens et contraignant les producteurs à multiplier les analyses et lachat dintrants, de matières premières et autres matériels officiellement « sécurisés » ; interdiction de cahiers des charges bio, notamment nationaux (comme celui qui régit le label AB), plus stricts et plus adaptés aux régions que le nouveau cahier des charges européen.
Cest pourquoi l'Alliance pour la Planète demande au gouvernement français, qui sera représenté lors du vote au Conseil européen le 11 ou 12 juin 2007 par Madame Christine Lagarde, Ministre de lagriculture et de la pêche, de ne pas voter pour un règlement européen qui inclurait lensemble de ces conditions, ou seulement lune dentre elles. Il faut en particulier rejeter lautorisation, même par dérogation exceptionnelle, des additifs et des traitements vétérinaires issus dOGM ainsi que de certaines substances chimiques, notamment les pesticides.
Le vote de la France doit être cohérent avec le souci exprimé par le Président Nicolas Sarkozy pour la biodiversité et son souhait de reconsidérer notre rapport à la nature. Les récentes déclarations de Mme Christine Lagarde sur lagriculture raisonnée comme « perspective davenir de lagriculture française ancrée dans le développement durable » ne peuvent satisfaire que lassociation Farre, créée par lindustrie agrochimique multinationale pour redorer le blason de ses activités.
Nicolas Sarkozy a affirmé son engagement à ne pas prendre de décision importante concernant lenvironnement avant la tenue du « Grenelle de lenvironnement ». Nous le prenons au mot et attendons une position ferme de la France lors du vote au Conseil européen.
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