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#Culture

Collection Brukenthal : Bruegel, Memling, Le Titien...

Par

 Sibylle

Sibylle

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Publié le 01/01/1970


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Ni mode ni boutique cette fois mais de l’art et des toiles parce que l’exposition au Musée Jacquemart-André s’avère exceptionnelle.
Samuel von Brukenthal (1721-1803), jeune juriste féru d’arts et de sciences venu de Transylvanie jusqu’à Vienne parfaire son éducation, devint le favori de Marie-Thérèse d’Autriche qui le nomma Chancelier puis Gouverneur, et n’eut de cesse surtout de lui offrir des tableaux parmi lesquels des œuvres des plus grands maitres de l’école flamande du XV au XVIIème siècle, très en vogue alors à Vienne.

Ces dons s’ajoutèrent à sa propre collection venue de toute l’Europe, qui compte plus de 13000 volumes dont des manuscrits et incunables, 1300 tableaux et 800 gravures, et fit de lui une des plus grands collectionneurs de son époque.

Aujourd’hui Jacquemard-André présente une cinquantaine de tableaux, pour beaucoup de grands maitres flamands et propose de se replonger dans le Gothique tardif, la Renaissance Italienne et celle du Nord.

-« L’homme au chaperon bleu » de Jan Van Eyck (1390 env, 1464) est un des tableaux majeurs. Dès ses premières œuvres, Van Eyck fait preuve d’une appréhension moderne de la réalité qu’il analyse, mesure et représente avec maitrise. Tout au long de son œuvre, on retrouve le souci de situer les figures par rapport à leur environnement et la volonté d’établir la mesure de l’homme.

Préconisant les différences de proportions pour situer sur des plans différents le Divin et le Terrestre, prenant position dans ses œuvres de « témoin » (« fuit hic »), Van Eyck, bien que valet de chambre de Philippe Le Bon et peintre de cour, fut l’interprète des coutumes et de la culture de la haute bourgeoisie de son temps. Longtemps attribué à Durer, « L’homme au chaperon bleu » est reconnu comme œuvre de Van Eyck ou du moins de son atelier, on y retrouve l’exaltation du rang social mis en valeur par la pâleur des visages et des mains ressortant sur des fonds et des vêtements sombres.

- « Portrait d’homme lisant » de Hans Memling (1465-1494). Memling fut le peintre de la délicatesse et de l’intimisme visionnaire. Délaissant les solutions réalistes tendant à situer la figure dans l’espace, il construit ses représentations sur des bases extérieures à l’expérience sensible mais obéissant à des principes de proportions et d’harmonie. Prédominance des horizontales et symétrie, efflorescence de couleurs, d’or, de fins détails décoratifs donnent à son œuvre une sérénité et un calme hors du temps. Très apprécié de son temps, il fut l’un des artistes les plus imités dans son pays, en particulier par les miniaturistes de l’école de Bruges qui répandirent son style dans toute l’Europe.


- « Le massacre des Innocents à Bethléem » de Pieter Bruegel le Vieux (1525/1530-1569) et Pieter Bruegel le Jeune. Dans le Nord, le passage de la peinture gothique à celle de la Renaissance ne fut pas aussi net qu’en Italie, et les Bruegel, comme Bosch, restent des exemples de ce gothique persévérant pendant tout le XIVème siècle et jusqu’au XVIème.

Les lignes sinueuses, l’attention portée aux détails naturalistes, un certain esprit courtois et une élégance dans le style en désaccord avec les intentions de la Renaissance caractérisent la société christocentrique de l’époque gothique.

Bruegel introduit dans la thématique religieuse l’idée de l’infiniment petit, il tire des récits populaires, des proverbes ou de la sagesse commune l’idée d’un nivellement dans la représentation des choses et développe une conception résolument nouvelle et naturaliste inscrivant sur la toile non pas un récit unitaire mais une véritable saga en forme d’épopée négative.

- « Ecce Homo » de Tiziano Vecellio dit Le Titien (1490-1576). Venise assiste au début de ce nouveau siècle à l’affirmation soudaine d’expériences nouvelles dépourvues de préjugés, cette nouvelle évolution, en harmonie avec Raphael et Michel Ange est représentée par Le Titien et Giorgione. Incarnant le mythe de la peinture vénitienne, peignant pour les cours royales, la renommée du Titien s’étend de son vivant dans toute l’Europe. Passant d’un style à ses débuts austère et monumental contrastant avec les raccourcis tourmentés d’œuvres plus tardives fortement influencées par la peinture de Michel Ange. Sa période maniériste, au chromatisme plus expressif, est considérée comme majeure par les critiques contemporains.

On retrouvera encore des toiles de David Teniers le jeune (1610-1690) à l’art descriptif aisé mais soigneux (L’auberge flamande, La visite chez le médecin du Village) et Frans Van Mieris (1635-1681/ Soldat à sa fenêtre fumant sa pipe) dans la grande tradition flamande de la scène de genre, dépeignant l’aristocratie mais aussi le quotidien des milieux simples avec un réalisme prépondérant.

Les natures mortes sont illustrées par les peintures de Jan Davidsz de Heem et Erasme Quellin (Guirlande de fruits sur un postament antique en trompe-l’œil avec la Sainte Famille), Joris Van Son (Nature morte à la colonne), Johann Georg Hinz (Le cabinet des curiosités), ou Jeremias Van Winghe (La cuisinière flamande)…

La peinture d’histoire par Le Titien mais également Jacob Jordaens (Trois femmes et un enfant, la Sainte Famille), Léonard Bramer (Ponce Pilate)…
LA COLLECTION BRUKENTHAL, du 11 septembre 2009 au 11 janvier 2010, Musée Jacquemart-André, 158 bd Haussmann, 75008. 10h/18h, nocturne le lundi jusqu’à 21h30. Tarif plein 11€, tarif réduit 8,20€.
Sibylle avec l’aide de « Histoire de l’art » éditions Solar.

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