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Octipas - Un entretien avec Nicolas Passalacqua

Publié par Yves - publié le 30 Nov, -1
Octipas
Une nouvelle application qui permet aux magasins de vendre les produits de la collection, même s’ils sont en rupture de stock.


NICOLAS PASSALACQUA

UN ENTRETIEN AVEC NICOLAS PASSALACQUA - CEO, OCTIPAS.COM

Yves Sassi - Le Site des Marques
Nicolas Passalacqua, vous avez créé un outil de gestion et de vente qui est plébiscité par les grandes enseignes. Comment avez vous eu l’idée de lancer ce service ?


Nicolas Passalacqua
Il y a cinq ans, j’ai créé ookoodoo, un site qui permet à chacun de créer sa propre liste de cadeaux. En fait, c’est le même principe que ce que nous faisions quand nous étions petits. Nous entourions sur les catalogues papier les jouets que nous espérions à Noël. Parfois on découpait l’image, cela nous faisait rêver.
Sur ookoodoo, vous créez votre wishlist et ensuite, vous partagez votre liste avec vos amis…
Évidemment, nous nous sommes rapprochés des enseignes pour leur proposer de faire partie de nos partenaires et nous nous sommes aperçus qu’elles avaient un problème commun : la disponibilité des produits en rayon, dans les magasins. Le sujet m’a interpelé.
Toutes les études démontrent qu’un client qui ne trouve pas, dans un magasin, le produit qu’il recherche va l’acheter chez un concurrent. C’est vrai dans plus de 80 % des cas. L’enjeu est donc considérable.
Pour répondre à cette problématique, les enseignes doivent mettre en place une logistique compliquée, d’information entre les points de vente, le site en ligne, le stock réel en magasin… C’est compliqué, cela coute cher et nécessite souvent de fabriquer plus de stock.

Nous avons commencé à travailler sur le sujet il y a un peu plus de deux ans. Les premiers tests ont été réalisés dans des magasins pilotes, notamment chez Celio et Promod. Nous avons commencé par quatre magasins. Aujourd’hui, plus de 200 magasins Celio utilisent notre solution. L’ensemble des points de vente de l’enseigne vont être équipés rapidement. Grain de malice, The Kooples, Eram sont également en cours de mise en place.

SdM : Pratiquement, comment fonctionne votre solution ?

Nicolas Passalacqua

C’est une solution technique qui repose essentiellement sur le site e-commerce de l’enseigne. Elle est ensuite reliée aux applications des magasins qui sont concernées par la gestion du stock et le paiement par TPE.
Une tablette ou un appareil tel qu’un SmartPhone est utilisé par les vendeurs. Quand un client ne trouve pas en rayon le produit qu’il cherche, le vendeur scanne la référence du produit. Il saura immédiatement si le produit est disponible en rayon, en réserve, dans un autre magasin ou sur le site de l’enseigne. Si le produit n’est pas dans le magasin, le client sera livré très rapidement chez lui.
Selon le choix de l’enseigne, nous pouvons proposer des services complémentaires. Quand un client recherche un produit, l’application peut proposer un produit complémentaire, de façon par exemple à composer un ensemble.
Ensuite, le paiement peut être effectué directement sur la tablette.
Nous pouvons également « reconnaitre » le client et trouver son historique d’achat.
Malgré un aspect très technologie, cette application permet au consommateur d’être conseillé de façon très efficace par un vendeur. C’est un véritable contact qui se crée entre le client et son enseigne.

SdM : Comment ont réagi les premiers clients sur lesquels ces tests ont été faits ?

Nicolas Passalacqua

Je crois pouvoir dire que 100 % des clients sont satisfaits. D’abord parce qu’ils obtiennent le produit qu’ils recherchent. Ensuite, évidemment, les clients sont curieux, intéressés, parfois même amusés.
Il ne s’agit pas d’un outil qui permet de sillonner les rayons d’un magasin d’exposition et de scanner les références que vous souhaitez acheter et d’ensuite être livré à la maison, comme le fait Décathlon. Notre outil permet de réaliser la vente, c’est le premier objectif, mais également d’entrer en contact physique avec le client.

Comme je le disais, c’est une application qui crée une relation avec le consommateur. J’ajoute que la totalité des clients qui viennent pour acheter un produit repartent avec, ou sont livrés. Pour les enseignes, c’est un atout très important.

SdM : Comment les vendeuses, les vendeurs, les responsables de magasins ont-ils réagi lors de l’installation de votre système ?

Nicolas Passalacqua

Dès l’origine de notre projet, nous avons pensé l’outil de façon à ce qu’il soit très simple d’utilisation par les équipes de vente. C’était un point clé pour que l’application soit efficace et utile. Les salariés des magasins sont tous habitués aux nouvelles technologies et n’ont donc eu aucun mal à prendre en main l’appareil. Je pense que l’outil est bien perçu par tout le monde. Il facilite le contact avec le client et par conséquent facilite la vente.

un ROI en moins de 2 mois

SdM : Votre outil pourrait-il s’adapter à des magasins indépendants et de taille plus modeste. En liaison par exemple avec leur fournisseur ou leur fabricant ?

Nicolas Passalacqua
A ce jour nous nous concentrons sur des enseignes qui ont une vingtaine de magasins minimum. Notre volonté est d'apporter un suivi et un accompagnement maximal pour nous assurer du succès du déploiement au sein de l'enseigne.
Je considère que tout enseigne qui signe avec nous doit constater un ROI en moins de 2 mois. C'est une métrique clé à laquelle nous sommes très attachés.
Concernant des réseaux plus petit il serait plus difficile pour nous de mettre en place toutes les actions nécessaires à cet objectif.

SdM : D’autres projets d’avenir ?
Nicolas Passalacqua

Naturellement nous nous focalisons sur le développement de notre réseau commercial. Je pense que toutes les enseignes vont devoir s’adapter à ces nouvelles techniques de gestion des points de vente. Les enjeux sont trop importants pour ne pas s’y intéresser. Le commerce a énormément bougé ces dernières années. Les Pop Up Stores montrent la volatilité des clients. Fidéliser est devenu difficile. Il faut donc être à la pointe de l’offre, non seulement en terme de produit, mais également d’innovation, de services, d’attention !

Pendant longtemps on a pensé que les nouvelles technologies mettaient les commerces en danger. En réalité, elles sont un atout pour les points de vente qui savent les utiliser.``

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