1936 : Pour concurrencer la Mostra de Venise écrasée sous la botte mussolinienne, la France et les démocraties occidentales décident de créer un festival de niveau international. Le 1er septembre 1939, Jean Zay, ministre de la Culture et de l’Instruction Publique ouvre le Festival sous la présidence de Louis Lumière. Le 2, la guerre éclate, ouvrant une parenthèse de 7 années avant que le Festival puisse reprendre, mais dès 1949, toutes les grandes vedettes américaines se retrouvent à Cannes pour un show à la gloire du 7ème art qui fête donc cette année en apothéose ses 60 ans de règne.
18 h, émoustillée à l’idée d’apercevoir les trois hommes les plus sexy du monde, Georges Clooney (Ocean’s 13), Jude Law (My Blueberry Nights) et Jake Gyllenhaal (Zodiac) venus tous les trois présenter leur film, je m’installe au bar de l’hôtel, habillée d’une petite robe blanche à cotes Miu-Miu (615 €), d’espadrilles à nœud de satin Pare Gabia (55 €) et d’un stetson en paille argenté (Printemps 30 €) très « Brokeback Mountain ». J’hésite, suis-je plutôt Charlotte Rampling dans l’ancien mais sublime « Portier de Nuit », Valéria Golino dans « Actrice » ou Marianne Faithfull dans « Irina Palm » ? Les frères Coen me font un signe discret de connivence, Karl immortalise quelques poses, une dernière gorgée de champagne avant de rejoindre ma suite pour me préparer à monter les marches. Une longue robe de maille noire (Jil Sander 790 €) sublime de simplicité posée sur des dessous Soleil Sucré (30 € l’ensemble), un diamant Chopard, la marque emblématique du festival (je laisse les rubis à Scarlett Johannsson, il parait qu’elle en est folle !), une pochette façon python (Abaco 129 €), un make-up ultra sophistiqué réalisé par Citron Vert (23 € le maquillage soirée sur RV à Cannes contre 30 € à Paris chez Beauty Success), je suis prête. Les projecteurs s’allument, Stephen Frears m’attend en haut des marches pour la projection du très attendu « Man from London » de Bela Tarr, le tapis gondole soudain, je perds une de mes pantoufles de vair, quelle illusion, pendant quelques instants j’ai rêvé que j’étais une star.