2 millions de résidents de toutes les nationalités et 22,7 square miles pour l’Ile de Manhattan, des quartiers dont les noms nous font rêver, Tribeca, Chelsea, Little Italy, Soho, Lower East Side, Greenwich Village, Central park, Upper East Side ou Harlem, des boutiques comme nulle part ailleurs, une ville qui ne dort jamais ; « my NewYork City talks me all the time, whispers in my ear, keeps me grounded, thrills me, makes the improblable seem possible, is my constant lover » (I’ll take Manhattan, essai de Annette Meyers).
Découvrir la ville, s’y enfoncer, se laisser emporter et s’y perdre, s’y retrouver comme dans un éternel recommencement, passer des heures à arpenter les rues de Soho, Nolita, Greenwich Village, Orchard Street et Chinatown : ces quartiers anciens de la beat generation se sont transformés en nouveau paradis des boutiques de déco ultra pointues (tendance comme en Europe aux bois sombres, à un savant mélange de minimalisme et d’ethnique, aux objets en aluminium ou acier brossé, aux très grands canapés aux lignes pures et aux matières précieuses), de mode (vêtements pour le jour aux couleurs très vives style fluo-kids et accumulation de petites pièces, tailles hautes pour les femmes et bas de pantalon raccourcis pour les hommes, accessoires omniprésents, maille, gilets, cravates et petits cardigans, tant dans les marques chics et chères que dans les boutiques populaires branchées pour une mode clean Cote Est, ou vintage néo-baba avec pattes d’éph, tuniques bariolées et bottes motardes pour le jour ; brillance satinée, gris métal ou blanc éclaboussant, concentration géométrique, argent miroir et tissus cristallisés Swarowski pour le soir) ou de gadgets insolites ; ouvertes vers midi seulement pour les plus chics, elles exhibent les créateurs les plus branchés dans des espaces immenses au décor la plupart du temps de loft industriel, parquets « authentiques » ou PVC imitant les matières les plus nobles, poutres métalliques et musiques tonitruante, accueil incroyablement aimable, cabines sur-dimensionnées…
Coup de cœur pour Rugby Ralph Lauren (99 University Place), dans une boutique au décor intimiste ultra chic, nouveau concept créé en 2004 reprenant toute la gamme des vêtements de polo ;
Me voilà sur a 5ème devant Abercrombie (Abercrombie&Fitch 750 Fifth Avenue) : le saint des saint, le nouveau paradis des accros de la mode, doorman au torse nu à l’entrée, 4 niveaux, sombre et si bruyant qu’on renonce définitivement à toute conversation, des vendeurs échappés de Vogue, la traque commence, sweats Abercrombie New York (59,5 à 79,5$), tee-shirts (24,5 à 39$), preppy polo shirts de 1.000 couleurs, jeans pre-distroyed, miniskirts et chemises rayées, coupes et matières parfaites, aucun magasin en France avant 2 ou 3 ans, un seul à Londres à prix prohibitifs, j’en veux aussi ! Bientôt à Paris ? On murmure qu'ils s'installeront sur les Champs Elysées.
Final chez Gucci (725 Fifth avenue) qui vient d’ouvrir le flagship le plus grand du monde et sort une ligne « Gucci loves New York » qui rendrait accro n’importe qui, je vide le stock et repart, il me reste à grimper au sommet des buildings pour bruncher le dimanche au dessus du monde, ou rejoindre l’underground et ses private spots aux couleurs troubles, prendre le tram rouge au dessus de Queensboro Bridge pour rejoindre Roosevelt Island, et vivre dans cette ville dévoreuse, aux fumées sortant des bouches d’égout comme autant de sifflements de colère d’un monstre insatiable prêt à l’implosion et qu’il faudrait nourrir sans cesse.